11 juin 2026 · Par Clara Renaud
Bavoir silicone, PVC, EVA, TPE : le comparatif des matières
Tous les bavoirs « plastiques » ne se valent pas. Silicone, PVC, EVA, TPE : comparatif des matières qui se ressemblent à l’œil mais pas à la bouche d’un enfant.
Tous les bavoirs « plastiques » ne sont pas en silicone. Sur les marketplaces, on trouve aussi du PVC, de l’EVA et du TPE — souvent moins chers, parfois bien présentés, rarement aussi sûrs. Comparatif des matières qui se ressemblent à l’œil mais pas à la bouche d’un enfant.
Le silicone : la référence pour le contact alimentaire
Le silicone est un élastomère à base de silice (extraite du sable). Ses atouts pour un bavoir : il est chimiquement stable, supporte le lave-vaisselle et de fortes températures sans se dégrader, ne contient ni BPA ni phtalates par construction, et — quand il est certifié LFGB — il ne cède rien aux aliments même après des heures de contact. C’est la matière que nous utilisons sur toute la gamme. Le revers : il coûte plus cher à produire.
Le PVC : l’ancien standard à éviter
Le PVC (polychlorure de vinyle) était la matière des bavoirs « plastiques » d’il y a vingt ans. Le problème : à l’état pur, le PVC est rigide ; pour le rendre souple, on y ajoute des plastifiants, historiquement des phtalates. Or certains phtalates sont des perturbateurs endocriniens, et plusieurs sont aujourd’hui restreints dans les articles de puériculture par le règlement REACH (annexe XVII). Un bavoir en PVC souple et bon marché reste un mauvais choix pour un enfant qui le mâchouille : même « sans phtalates », le PVC supporte mal la chaleur et vieillit en se craquelant.
L’EVA : mieux que le PVC, mais limité
L’EVA (éthylène-acétate de vinyle) est la mousse souple qu’on trouve dans les tapis de jeu et certains bavoirs d’entrée de gamme. Il ne contient pas de phtalates, ce qui en fait un cran au-dessus du PVC. Mais :
- il absorbe les odeurs et les taches, contrairement au silicone ;
- il ne passe pas au lave-vaisselle ;
- il peut relâcher des résidus d’acétate à la chaleur, d’où l’odeur caractéristique du « plastique neuf ».
Pour un bavoir de repas lavable au quotidien, l’EVA n’est pas le bon matériau.
Le TPE : le plus proche du silicone
Le TPE (élastomère thermoplastique) est souvent vendu comme une alternative « économique » au silicone. Il est souple, sans BPA, et certains TPE de qualité sont aptes au contact alimentaire. Mais c’est une famille très hétérogène : la qualité dépend entièrement du grade utilisé. Un TPE bon marché tolère moins bien la chaleur du lave-vaisselle, peut se déformer et vieillit plus vite que le silicone. À l’achat, impossible de distinguer un bon TPE d’un mauvais sans certificat — alors qu’un silicone LFGB est traçable.
Le comparatif en clair
- Sécurité alimentaire : silicone LFGB > TPE certifié > EVA > PVC.
- Lave-vaisselle : silicone oui ; TPE selon grade ; EVA et PVC non recommandés.
- Tenue dans le temps : silicone (plusieurs années) > TPE > EVA et PVC (craquellent, jaunissent).
- Odeur : le silicone certifié est neutre ; EVA et PVC ont une odeur de plastique. Voir odeur et goût d’un bavoir neuf.
- Prix : PVC et EVA les moins chers, silicone le plus cher — pour de bonnes raisons.
Et côté impact environnemental ?
On choisit aussi une matière pour sa durée de vie. Sur ce terrain, le silicone marque des points : un bavoir silicone certifié tient plusieurs années sans se dégrader, là où un bavoir PVC ou EVA se craquelle et finit à la poubelle en quelques mois. Un objet qu’on garde longtemps a moins d’impact qu’un objet jetable, même si le silicone n’est pas biodégradable. À l’achat, mieux vaut donc raisonner en coût d’usage sur la durée qu’en prix d’étiquette : un bavoir silicone à 12 € qui dure trois ans revient moins cher — et génère moins de déchets — que quatre bavoirs EVA à 4 € remplacés chaque saison.
La chaleur, le vrai juge de paix
S’il fallait un seul test maison pour départager les matières, ce serait la chaleur. Le silicone alimentaire encaisse le lave-vaisselle, le micro-ondes (pour réchauffer, pas pour cuire) et la stérilisation sans broncher. Le PVC ramollit et peut relâcher ses plastifiants ; l’EVA se déforme et sent davantage ; le TPE bas de gamme gondole. C’est aussi pour ça que le silicone est la seule matière qu’on recommande sans réserve pour un objet qui finit régulièrement à la bouche et au lavage à haute température.
Comment reconnaître la matière sur une fiche
Les vendeurs jouent sur le flou. Quelques repères :
- « Silicone » doit être écrit clairement, idéalement avec la norme (LFGB, 21 CFR 177.2600). Sinon, méfiance.
- « Plastique souple », « matière premium », « éco-plastique » sans nom de matière = souvent du PVC ou de l’EVA.
- Un prix très bas (moins de 5 €) sur un bavoir « silicone » doit alerter : le silicone certifié coûte trop cher pour ce tarif.
À retenir
Pour un bavoir de repas, le silicone certifié LFGB reste le meilleur choix : stable, lavable, durable, neutre. Le TPE de qualité peut convenir s’il est certifié, mais c’est invérifiable à l’achat ; l’EVA et le PVC sont à éviter pour un usage repas quotidien. Le critère qui tranche : une matière nommée et une norme. Pour aller plus loin : le guide complet du bavoir en silicone et le comparatif silicone vs tissu. Pour acheter du silicone certifié : format bébé et format enfant.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un bavoir en silicone et un bavoir en plastique ?
« Plastique » recouvre souvent du PVC ou de l’EVA, moins stables et parfois additionnés de plastifiants. Le silicone est un élastomère distinct, plus stable chimiquement, lavable au lave-vaisselle et neutre au goût quand il est certifié.
Le TPE est-il aussi sûr que le silicone ?
Un TPE de bon grade et certifié contact alimentaire peut convenir, mais la qualité varie énormément d’un fournisseur à l’autre et reste invérifiable à l’achat. Le silicone LFGB est traçable et tient mieux la chaleur dans le temps.
Pourquoi éviter un bavoir en PVC ?
Le PVC souple nécessite des plastifiants, historiquement des phtalates dont certains sont des perturbateurs endocriniens restreints par REACH. Il supporte aussi mal la chaleur et se craquelle avec le temps.
Comment savoir de quelle matière est fait un bavoir ?
La fiche doit nommer la matière et idéalement la norme. Les formules vagues (« plastique souple », « matière premium ») et un prix très bas sur un produit dit « silicone » sont des signaux d’alerte.
À propos de l'autrice
Clara Renaud
Responsable éditoriale, sécurité alimentaire & puériculture. Parent de deux enfants, elle suit depuis 2019 les normes de contact alimentaire (règlement UE 10/2011, LFGB, FDA 21 CFR 177.2600) appliquées aux articles de puériculture et teste chaque référence avant publication. En savoir plus sur l'équipe.
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